Taquin triangulaire

Je travaille sur un jeu qui a comme mécanisme principal des triangles qui doivent coulisser entre eux. Mais j’ai des soucis, je n’arrive pas vraiment à faire ce que je veux. Une façon de régler mon problème, c’est de le simplifier.

Le taquin

Vous pouvez regarder que le début, la vidéo est intéressante, mais traite d’un sujet annexe.

Réaliser un taquin triangulaire me permettrait d’expérimenter plusieurs problèmes et de trouver des solutions qui me serviront ensuite pour mon autre jeu.

Recherche

J’aime bien résoudre mes problèmes tout seul. Mais bon, un taquin triangulaire, ça doit déjà exister, alors il suffit de chercher sur les internets.

Eh bien non ! Rien ! Que dalle ! Nada ! Pas une seule mention d’un taquin triangulaire. C’est dingue, non ! J’ai du mal à le croire.

Le taquin, ça marche comment ?

Le taquin est un jeu solitaire en forme de damier créé vers 18701 aux États-Unis. (…) Il est composé de 15 petits carreaux numérotés de 1 à 15 qui glissent dans un cadre prévu pour 16. Il consiste à remettre dans l’ordre les 15 carreaux à partir d’une configuration initiale quelconque.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Taquin

Pour que ces carreaux glissent correctement les uns par rapport aux autres, tout en restant solidaires, chaque carreau est équipé de deux languettes et de deux rainures.

Vous pouvez remarquer cet effet de carré décalé sur la première image.

On remarque que :

  • Toutes les pièces sont identiques.
  • Les pièces ne peuvent pas être tournées.

Ok, en triangle maintenant

Facile ! On va faire pareil.

Et bien sûr, ça ne marche pas 😀 On ne peut pas simplement décaler le triangle pour créer une languette et une rainure.

Il va falloir faire deux pièces différentes.

On remarque que :

  • Il y a deux pièces différentes.
  • Les pièces ne peuvent pas être tournées.

Alors, ça marche, mais…

Je ne suis pas uniquement en train de faire un taquin, je cherche des solutions pour mon autre jeu. Et pour ce faire, j’aimerais avoir une seule pièce qui supporte toutes les rotations.

J’ai bizarrement mis beaucoup de temps à trouver la solution.
Bizarrement ?
Parce que quand on a la solution, c’est tellement évident. 😃


Avec ce design ça marche !

On remarque que :

  • Toutes les pièces sont identiques.
  • Les pièces peuvent être tournées sur tous les axes.

C’est un profil très simple ! Une languette sur toute la partie basse et une rainure sur toute la partie haute. Et il suffit de retourner la pièce pour créer le pavage.

J’ai naturellement choisi un profil avec des pentes à 45°. Déformation professionnelle, cela facilitera l’impression.

Et maintenant, en pratique.

Maintenant que l’on a la théorie, il va falloir passer à la pratique. Et dans mon cas, il s’agit d’une fabrication via une imprimante 3D.

L’une des caractéristiques de l’impression 3D, c’est qu’il y a une certaine incertitude sur les largeurs des pièces imprimées. Il faut prendre en compte l’ajustement entre les pièces.

Or, l’ajustement est également un point très important dans la fabrication d’un taquin. Les pièces doivent glisser les unes par rapport aux autres, librement, mais pas trop et sans pouvoir se libérer du cadre.

J’ai fait quelques tentatives 😀

Je suis resté sur le modèle avec des pentes à 45° pendant un moment en essayant de régler les espaces entre les pièces pour obtenir un assemblage qui tient. Mon but était d’avoir des pièces qui s’impriment en une seule fois.

Échec !

J’ai négligé de faire un cadre suffisamment contraignant.


Les pièces imprimées avec une pente ne m’ont pas permis de réduire suffisamment les espaces. J’ai dû abandonner l’une de mes exigences :

Tout imprimer en une seule fois.

Et du coup, je peux aussi abandonner les pentes à 45°.

Ce qui rend le tout tellement plus simple et plus lisible.

Les pointes

Depuis le début, j’ai systématiquement arrondi les coins. Des carrés d’abord et des triangles ensuite.

Pourquoi ?

Les pièces ne seront jamais parfaitement à leur place une fois le taquin réalisé. Et avec des pièces aux coins trop marqués, on peut se retrouver bloqué.

Les coins arrondis vont permettre plus de souplesse dans l’utilisation.

Mais après réflexion, j’ai mieux.

En biseautant légèrement les coins, on obtient un meilleur résultat, et ça crée un joli trou en forme d’étoile.

Résultat

Le résultat le voilà, en dessin d’abord.

Et en vrai.

Les pièces qui le nécessitent sont collées entre elles, avec de la superglu.

Le résultat est bien plus agréable à manipuler que je ne le pensais au départ. J’obtiens un véritable taquin qui n’a pas à rougir des produits en plastique injecté.

Bon, par contre, ça ne m’a pas réglé complètement les problèmes que j’ai avec mon autre jeu. Il faut encore que j’y réfléchisse.

Est-ce que c’est vraiment la première mention du taquin triangulaire sur Internet… J’ai toujours du mal à le croire.

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